Presse & Témoignages

Journal Marie Claire

Juillet 2008

«Le clown, c’est une manière de se mettre à nu»

Sylvie, 52 ans, artiste et historienne de l'art.

Les stages de clown m’ont permis de redécouvrir des coins qui existaient en moi mais que j’avais perdus. J’ai pu renouer avec ma joie et ma spontanéité d’enfant que je n’avais pas complètement vécues. Depuis que je fais le clown, j’ose aller plus vite à l’essentiel dans mes relations et je suis plus directe avec mes enfants. Je relativise aussi les choses: en jouant avec l’exagération, on se rend davantage compte du ridicule de certaines situations et on peut en rigoler.

Lorsqu’on est clown, c’est un peu comme si on se mettait à nu. On est complètement soi-même. Il y a quelque chose de très intime et profond. Mettre un nez rouge est un prétexte pour se permettre cela tout en se protégeant.

J’ai décidé de me former pour faire du clown auprès des personnes âgées dans les EMS. Vous savez, le clown a un effet magique sur elles: elles lui confient des choses qu’elles n’osent raconter à personne d’autre. Je pense que c’est parce que le clown ne semble pas être une personne réelle et qu’il prend le temps d’être là.

Journal de La Côte

Novembre 2004

Sylvie Loeb est sortie du silence

L’artiste expose jusqu ‘au 4 décembre à la Galerie Quadrum. Opérée en 1999 pour soigner des crises d’épilepsie; la peinture l’aidée à revivre.

La Grand-Rue 79 cache l’atelier de Sylvie Loeb. Face à elle, un Jardin qu’elle a connu dans une autre vie, lorsqu’elle était guide au Musée de L’Hermitage à Lausanne: Le peintre rollois Charles Chinet en avait fait un tableau.

Son existence a basculé en 1999. Une intervention chirurgicale met fin à ses crises d’épilepsie, mais pendant deux ans elle peine à retrouver la parole. Les mots ne sortaient pas de ma bouche, c’était un peu comme un tiroir fermé à clef, explique-t-elle. La parole, elle l’a retrouvée après deux ans de rééducation, et grâce à la peinture qui sera longtemps son seul moyen d’expression.

]usqu‘à cette opération, je n’avais jamais osé peindre, explique l’artiste. Bien sûr, de par son métier, elle avait quelques notions, mais elle a voulu prendre des cours chez Jacques Walther. Et petit à petit, elle a repris confiance en elle. A travers ses tableaux, on voit la progression de sa thérapie.

Au début, les couleurs sont grises, ternes, formes carrées, symptomatiques d’un mal-être.

Et puis les couleurs et les rondeurs apparaissent, les matériaux se diversifient.

J’ai besoin de toucher les choses, indique-t-elle. Le papier, le bois ramassé par terre, tout est source de création. On trouve beaucoup de collages dans ses oeuvres. Comme support elle n’utilise pas de toiles, mais des cartons.

Maintenant j’ai un style, murmure-t-elle. Et beaucoup de talent.

Elle trouve son inspiration dans son atelier rollois qu’elle occupe depuis un an.

Pour sa première exposition, elle n’a eu qu’à traverser la Grand-Rue. Mais à n’en pas douter, la prochaine l’emmènera vers d’autres rivages.

Marie-Christine Fert

Une Fondation pour aider les épileptiques


La Journée suisse de l’épilepsie a eu lieu le 13 novembre. Sylvie Loeb est vice-présidente* de la Fondation Eclipse, dont elle est l’une des initiatrices. Créée en mars 1998, elle a pour objectif de développer l’entraide entre les personnes souffrant de cette maladie, d’améliorer leur intégration sociale, désensibiliser le grand public et de favoriser le partage d’expériences. La Fondation possède un site internet www.epi-eclipse.ch riche d’informations.

* Sylvie Loeb n'est plus vice-présidente de la Fondation.