Témoignages

Marie Milis, juin 2010

Puissante, ferme et légère
Je suis trace, raclure fugace,
Eraflure d’encre sur l’aléatoire du temps.

Quelques cheveux de geais strient de leur brosse
Le paysage d’une écriture sans alphabet,
Une calligraphie sans texte.

Espace de mouvement que nulle loi ne régit
Sinon la valse d’un balancement chaloupé
Aux accents puissants de zébrures mats.

Je suis cette giclée d’or, éclaboussures en tachettes,
Myriade de gouttelettes qui ponctuent l’espace
D’une voie lactée heureuse et lumineuse.

Je suis cette craquelure du temps
Où s’immisce le goût suave et sucré
De framboises pétillantes au jus espiègle devenu peinture.

De grands aplats blancs m’invitent à un repas de carnaval.

Racine boursouflée, je suis quiétude élancée.

Le vent joue dans mes branches et m’enlace.
Je m’élance, je suis la danse,
Cet élan du geste connu des arbres et des peintres.


Marie Milis
Auprès d’une toile de Sylvie Loeb
Castel de Bois-Genoud, Crissier, le 23 juin 2010